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Réglementation location saisonnière 2026 : guide du bailleur

Publié le 17/06/2026 par Richard Coudraie (dernière mise à jour: 29 juin 2026 09h 40min 11s)

Réglementation location saisonnière en 2026 : ce que tout bailleur doit savoir

La location de courte durée a connu une transformation radicale de son cadre légal ces dernières années, et 2026 marque une nouvelle étape dans ce durcissement réglementaire. La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite « loi Airbnb », a profondément revu les règles applicables aux meublés de tourisme : pouvoirs des communes renforcés, obligations des plateformes alourdies, droit des copropriétaires à s'opposer à ce type d'activité sécurisé.

Un manquement aux obligations de déclaration, d'enregistrement ou de limitation de durée peut entraîner des amendes allant jusqu'à 50 000 €. Ce guide fait le point sur tout ce que vous devez savoir en 2026 pour exercer en toute légalité.

Qu'est-ce qu'un meublé de tourisme ? Définition légale

La définition du code du tourisme

Au sens de l'article L. 324-1 du code du tourisme, les meublés de tourisme sont « des villas, appartements ou studios meublés, à l'usage exclusif du locataire, offerts en location à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile et qui y effectue un séjour caractérisé par une location à la journée, à la semaine ou au mois ». Cette définition exclut les chambres d'hôtes (chambre chez l'habitant), mais s'applique à toute location courte durée d'un logement entier via Airbnb, Booking, Abritel ou directement.

Résidence principale ou résidence secondaire : deux régimes très différents

Pour une résidence principale (logement occupé au moins 8 mois par an), la location de courte durée est soumise à une limitation de 120 jours par an. Les plateformes comme Airbnb sont légalement tenues de bloquer automatiquement les annonces une fois ce plafond atteint.

Pour une résidence secondaire, il n'existe pas de plafond de 120 jours, mais les obligations sont beaucoup plus lourdes : déclaration en mairie obligatoire, et dans de nombreuses communes, obtention d'une autorisation de changement d'usage — avec parfois une compensation sous forme de transformation de locaux commerciaux en logements.

La déclaration en mairie : une obligation généralisée à toute la France

L'enregistrement national généralisé depuis la loi de 2024

Avant la loi Airbnb, la déclaration en mairie était obligatoire uniquement dans les communes qui l'avaient instaurée. Désormais, elle est imposée dans toutes les communes de France, sans exception. Le propriétaire obtient un numéro d'enregistrement à 13 chiffres, qui doit obligatoirement figurer dans toutes les annonces publiées sur les plateformes et les supports de communication. L'absence de ce numéro dans une annonce est sanctionnée d'une amende pouvant atteindre 5 000 €.

La déclaration doit être renouvelée tous les 5 ans. Elle contient les informations sur le logement (adresse, superficie, nombre de pièces), le propriétaire, et la nature du bien (résidence principale ou secondaire).

Les informations à déclarer

La déclaration comprend l'adresse précise du logement, sa superficie habitable, le nombre de pièces, sa capacité d'accueil maximale, et la distinction résidence principale / secondaire. Cette distinction est fondamentale car elle détermine immédiatement si la limite des 120 jours s'applique.

Attention : la délivrance du numéro d'enregistrement ne vaut pas autorisation de louer — dans les communes soumises à autorisation de changement d'usage, celle-ci doit être obtenue séparément.

L'autorisation de changement d'usage : le verrou des grandes villes

Dans quelles communes s'applique-t-elle ?

L'autorisation de changement d'usage concerne les résidences secondaires dans les communes qui ont adopté ce régime — toutes les communes de plus de 200 000 habitants en application de l'article L. 631-7 du code de la construction et de l'habitation, ainsi que les communes de la petite couronne parisienne. La loi du 19 novembre 2024 a permis aux communes plus petites soumises à tensions locatives avérées de rejoindre ce régime par délibération du conseil municipal.

La compensation : le mécanisme qui bloque les investisseurs

Si un investisseur souhaite transformer un appartement de 50 m² à Paris en résidence secondaire louée sur Airbnb, il doit simultanément transformer 50 m² de locaux commerciaux en logements. Ce mécanisme est extrêmement dissuasif pour les petits propriétaires. Dans les arrondissements centraux de Paris, la location saisonnière de résidences secondaires est devenue quasi impossible pour les particuliers sans ressources financières très importantes.

Les obligations renforcées des plateformes numériques

Ce que la loi Airbnb impose aux intermédiaires

Depuis la loi de 2024, les plateformes sont tenues de vérifier l'existence du numéro d'enregistrement avant de publier toute annonce. Une annonce sans numéro valide doit être retirée dans les 72 heures suivant un signalement. Les plateformes doivent également transmettre chaque année aux communes qui en font la demande un bilan du nombre de nuits louées par annonce — permettant aux communes de contrôler le respect des règles.

Les sanctions en cas de non-respect

Sans numéro d'enregistrement : 5 000 € d'amende. Résidence secondaire sans autorisation de changement d'usage : jusqu'à 50 000 € + injonction de remise en logement permanent. Dépassement des 120 nuits pour une résidence principale : 10 000 € par infraction constatée.

Location saisonnière en copropriété : le droit d'opposition renforcé

Ce que permet la loi de 2024

La loi du 19 novembre 2024 a clarifié la possibilité pour les copropriétés de s'opposer à la location saisonnière. Tout règlement de copropriété peut désormais interdire les meublés de tourisme, soit pour l'ensemble des lots, soit par vote en assemblée générale à la majorité des deux tiers des tantièmes (article 26 de la loi du 10 juillet 1965). Avant de se lancer en copropriété, il est indispensable de lire attentivement le règlement et les décisions d'assemblée générale.

Le classement en meublé de tourisme : pourquoi c'est indispensable

Les avantages fiscaux et commerciaux du classement

Le classement officiel (1 à 5 étoiles, via un organisme accrédité Cofrac) est facultatif mais très avantageux. Un meublé classé bénéficie en micro-BIC d'un abattement de 71 % contre 30 % pour un non classé. Sur le plan commercial, le classement améliore le référencement sur les plateformes et justifie des prix 10 à 20 % plus élevés. Le coût du classement (150 à 400 €) est amorti rapidement dès que les recettes dépassent 15 000 € par an.

Ce qu'il faut retenir

Trois règles non négociables en 2026 : déclarer son logement et obtenir un numéro d'enregistrement avant toute mise en location ; vérifier si une autorisation de changement d'usage est requise pour les résidences secondaires dans sa commune ; respecter la limite des 120 jours pour les résidences principales. Pour optimiser la rentabilité tout en restant dans les clous, le classement en meublé de tourisme est la démarche la plus efficace.


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Publié le 17/06/2026 (dernière mise à jour: 29 juin 2026 09h 40min 11s)

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