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Peut-on augmenter le loyer entre deux locataires en 2026 ? Règles, plafonds et pièges à éviter

Publié le 24/02/2026 par Richard Coudraie (dernière mise à jour: 04 mars 2026 17h 06min 06s)

Peut-on augmenter le loyer entre deux locataires en 2026 ? Règles, plafonds et pièges à éviter

En 2026, la question de l’augmentation du loyer entre deux locataires reste l’un des points les plus sensibles pour les propriétaires bailleurs.

Dans un contexte de régulation renforcée du marché locatif, entre encadrement des loyers, interdictions progressives de location des passoires énergétiques et contrôles administratifs accrus, la liberté de fixation du loyer n’est plus absolue.

Beaucoup de bailleurs pensent encore qu’un changement de locataire permet de « remettre le loyer au prix du marché ». En réalité, cette possibilité dépend de plusieurs critères juridiques précis : localisation du bien, niveau du précédent loyer, durée de vacance, performance énergétique et existence éventuelle d’un encadrement local.

En 2026, les règles applicables s’appuient principalement sur la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, modifiée notamment par la loi ELAN du 23 novembre 2018 et la loi Climat et Résilience du 22 août 2021. Leur combinaison rend la matière technique.

Décryptage complet pour sécuriser votre pratique.

Le principe général en 2026 : liberté limitée en zone tendue

La première distinction fondamentale concerne la localisation du logement.

La France compte plus de 1 100 communes classées en zone tendue par décret. Ce classement entraîne un encadrement spécifique des relocations.

En zone non tendue, le principe reste relativement souple : le propriétaire peut fixer librement le nouveau loyer entre deux locataires, sauf restrictions liées à la performance énergétique.

En revanche, en zone tendue, l’article 17 de la loi du 6 juillet 1989 pose une règle claire : lorsque le logement a été loué au cours des 18 derniers mois, le nouveau loyer ne peut excéder le dernier loyer appliqué au précédent locataire.

Ce loyer peut uniquement être révisé selon l’Indice de Référence des Loyers (IRL), à condition qu’une clause de révision figurait dans l’ancien bail.

Autrement dit, en 2026, la relocation ne permet pas automatiquement une revalorisation libre du loyer dans les zones où la tension immobilière est forte.

Les exceptions permettant une augmentation au-delà du dernier loyer

La réglementation prévoit toutefois plusieurs cas précis permettant d’augmenter le loyer entre deux locataires.

Les travaux d’amélioration significatifs

Si le propriétaire a réalisé des travaux d’amélioration d’un montant au moins égal à la moitié de la dernière année de loyer, il peut appliquer une augmentation.

Ces travaux doivent constituer de véritables améliorations et non de simples travaux d’entretien ou de remise en état.

La hausse reste encadrée par décret et doit être proportionnée à l’investissement réalisé.

Cette exception vise à encourager l’amélioration qualitative du parc locatif, mais elle suppose des justificatifs solides (factures, descriptif technique, dates de réalisation).

Le loyer manifestement sous-évalué

Autre exception : lorsque le loyer antérieur était manifestement sous-évalué par rapport au marché.

Le bailleur doit alors produire des références comparatives portant sur des logements similaires situés dans le même secteur géographique.

La démonstration doit être objective et documentée.

À défaut, le locataire peut contester la hausse devant la commission départementale de conciliation, puis devant le juge.

Vacance supérieure à 18 mois

Lorsque le logement n’a pas été loué depuis plus de 18 mois, le propriétaire retrouve en principe une liberté tarifaire, sauf si un dispositif d’encadrement local s’applique.

Cette règle vise à éviter la rétention volontaire de logements dans le seul but de contourner le plafonnement.

 

L’encadrement des loyers en 2026 : un plafond supplémentaire

En 2026, plusieurs métropoles appliquent toujours l’encadrement expérimental des loyers issu de la loi ELAN.

C’est notamment le cas, entre autres, de Paris, Lyon, Lille, Bordeaux et Montpellier.

Dans ces communes, le loyer ne peut jamais dépasser le loyer de référence majoré fixé chaque année par arrêté préfectoral.

Le calcul repose sur un loyer médian de référence au mètre carré, déterminé selon :

·       le type de location (vide ou meublée),

·       l’époque de construction,

·       le nombre de pièces,

·       le secteur géographique précis.

Même si la réglementation sur la relocation autorise une hausse, celle-ci ne peut pas dépasser le plafond fixé localement.

Le non-respect expose le bailleur à une mise en demeure administrative et à une amende pouvant atteindre 5 000 euros pour une personne physique.

Les décisions du Conseil d'État ont confirmé la validité du dispositif et la légalité des sanctions administratives.

Performance énergétique : une interdiction d’augmentation pour les passoires thermiques

Depuis l’entrée en vigueur progressive de la loi Climat et Résilience, la performance énergétique influence directement la possibilité d’augmenter un loyer.

En 2026, les logements classés G dépassant les seuils réglementaires de consommation énergétique ne peuvent plus être proposés à la location.

S’agissant des logements classés F ou G encore autorisés à la location selon le calendrier légal, il est interdit d’augmenter le loyer entre deux locataires.

Cette interdiction s’applique même en zone non tendue.

Le législateur a clairement voulu empêcher les propriétaires de valoriser financièrement un logement énergivore sans avoir réalisé les travaux nécessaires.

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) devient donc un élément central dans la stratégie locative.

 

Comment calculer précisément l’augmentation autorisée ?

Le calcul doit partir du dernier loyer hors charges effectivement payé par le précédent locataire.

Si une clause de révision annuelle existait mais n’a pas été appliquée, le bailleur ne peut pas rattraper rétroactivement les hausses non pratiquées au-delà d’un an.

La variation maximale repose sur l’IRL publié trimestriellement par l’INSEE.

En 2026, l’IRL continue d’évoluer sous surveillance gouvernementale, avec des mesures temporaires de plafonnement qui ont été mises en place ces dernières années pour limiter les hausses excessives.

Toute erreur de calcul peut entraîner une restitution du trop-perçu, assortie éventuellement d’intérêts.

La rigueur arithmétique est donc essentielle.

Les risques en cas de non-respect

Le locataire dispose d’un délai de trois mois à compter de la signature du bail pour contester le montant du loyer en cas de dépassement du plafond applicable.

La commission départementale de conciliation constitue un préalable souvent obligatoire en matière d’encadrement.

À défaut d’accord, le tribunal judiciaire peut être saisi.

Le juge peut ordonner :

·       la diminution du loyer,

·       le remboursement des sommes indûment perçues,

·       et parfois des dommages et intérêts.

L’administration peut également infliger une amende.

Au-delà du risque financier, un contentieux fragilise la gestion locative et peut détériorer la relation contractuelle dès le début du bail.

 

Quelle stratégie adopter en 2026 ?

Avant toute relocation, un audit rapide est indispensable.

Le propriétaire doit vérifier :

La localisation exacte du bien et son classement en zone tendue.
L’existence d’un encadrement local des loyers.
La classe énergétique issue du DPE.
Le montant précis du dernier loyer hors charges.
La durée exacte de vacance du logement.

Une approche sécurisée permet d’éviter les litiges et de préserver la rentabilité à long terme.

Dans un environnement réglementaire de plus en plus structuré, la gestion locative ne peut plus se faire à l’approximation.

En 2026, augmenter le loyer entre deux locataires est possible, mais jamais automatique.

La liberté du bailleur dépend d’un ensemble de paramètres juridiques précis : zone tendue ou non, encadrement local, niveau du loyer précédent, durée de vacance et performance énergétique du logement.

L’époque où le changement de locataire permettait une revalorisation libre est largement révolue dans les grandes agglomérations françaises.

La prudence juridique est désormais une composante essentielle de la rentabilité locative.

 


 

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Publié le 24/02/2026 (dernière mise à jour: 04 mars 2026 17h 06min 06s)

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