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Garant ou GLI : comment choisir la bonne protection ?

Publié le 09/04/2026 par Richard Coudraie (dernière mise à jour: 05 mai 2026 15h 26min 04s)

Faut-il accepter un garant ou une GLI en 2026 ? Le vrai arbitrage

Vous avez trouvé un bon candidat, mais avant de signer le contrat de bail, une question s'impose. Demandez-vous un garant ou souscrivez-vous une garantie loyers impayés ? En 2026, avec 175 000 commandements de payer délivrés en 2025 et un record d'expulsions à 30 000, vous devez bien réfléchir.

Ce qui complique l'arbitrage, c'est que vous ne pouvez pas choisir les deux en même temps. Depuis la loi Boutin n° 2009-323 du 25 mars 2009, un propriétaire bailleur ne peut pas cumuler une garantie loyers impayés (GLI) et une caution solidaire personne physique pour un même contrat de bail. Une seule exception existe et elle concerne les locataires étudiants ou apprentis.

Que proposent les deux dispositifs ?

La caution solidaire

Le garant personne physique, souvent un parent ou un proche du locataire, s'engage par un acte de cautionnement à payer les loyers si le locataire est défaillant. La caution solidaire vous permet de vous retourner directement contre le garant dès le premier impayé, sans avoir à prouver l'insolvabilité du locataire. 

La caution solidaire ne couvre jamais le reste :

          Les dégradations locatives constatées à l'état des lieux de sortie restent à votre charge si elles dépassent le dépôt de garantie.

          Les frais engagés pour un commandement de payer, une procédure devant le juge des contentieux de la protection ou un commissaire de justice ne sont pas remboursables.

          Si le garant est lui-même en difficulté financière au moment où vous en avez besoin, votre recours devient théorique.


La caution solidaire repose entièrement sur la solvabilité durable d'une personne physique. Vous la vérifiez à l'entrée dans les lieux. Une solide situation professionnelle aujourd'hui peut évoluer en 2027 quand vous en aurez besoin.

La GLI 

La garantie loyers impayés est un contrat d'assurance souscrit par le propriétaire bailleur auprès d'un assureur privé. Elle couvre les loyers impayés ainsi que les charges jusqu'aux plafonds contractuels, indemnise les dégradations locatives au-delà du dépôt de garantie selon la formule choisie. Elle prend en charge les frais de procédure et inclut souvent une protection juridique pour un litige lié à l'exécution du bail de location.

Son coût varie entre 2,5% et 4% du loyer annuel charges comprises selon les assureurs et les formules. Pour un loyer de 900 € charges comprises, cela représente entre 270 € et 432 par an. Ces primes sont intégralement déductibles des revenus locatifs dans le cadre du régime réel d'imposition.

Les informations à ne pas oublier

Depuis la loi ELAN n° 2018-1021 du 23 novembre 2018, la mention manuscrite obligatoire que le garant devait recopier intégralement avant de signer a été supprimée. 

Trois points restent impératifs pour que l'acte soit opposable. Le document doit mentionner le montant du loyer et les conditions de sa révision, la durée de l'engagement du garant et comporter une mention explicite qui indique que le garant reconnaît la nature et l'étendue de son engagement, conformément à l'article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989.

Un acte de cautionnement incomplet ou mal rédigé peut être déclaré nul par le juge des contentieux de la protection.

Les critères d'éligibilité qui changent l'arbitrage

Ce qu'exige la GLI sur le dossier locataire

La garantie loyers impayés impose des critères de solvabilité pour le profil du locataire. La plupart des assureurs n'acceptent que ces profils : 

          CDI hors période d'essai.

          CDD d'une durée supérieure à 8 mois à compter de la signature du bail.

          Fonctionnaire, retraité ou travailleur indépendant avec une activité justifiée sur deux ans minimum.


Le loyer charges comprises ne doit généralement pas dépasser 33 à 37% des revenus nets du locataire selon les assureurs. Un locataire qui gagne (en net) 2 500 par mois ne sera éligible qu'à un loyer charges comprises de 825 à 925 maximum.

Si vous commettez une erreur dans la constitution du dossier, les conséquences sont lourdes. Accepter un locataire en période d'essai, intégrer une prime exceptionnelle non récurrente dans le calcul des revenus ou omettre de transmettre une pièce obligatoire peut conduire à un refus d'indemnisation au moment du sinistre. L'assureur peut opposer une nullité du contrat ou une exclusion de garantie sur ce motif.

Les exigences de la caution solidaire

Aucune règle légale ne fixe le niveau de revenus que doit justifier un garant. Dans la pratique, les propriétaires bailleurs exigent que le garant dispose de revenus représentant au moins trois à quatre fois le montant du loyer charges comprises. Ce seuil n'a aucune base légale, mais concerne la norme de marché. Vous pouvez demander plusieurs garants dont les revenus se cumulent.

La liste des pièces justificatives que vous pouvez demander à un garant suit les mêmes règles que pour le locataire. Elle est définie par l'article 22-2 de la loi du 6 juillet 1989 et le décret du 5 novembre 2015. Vous ne pouvez pas exiger de documents non prévus par ce texte, y compris pour le garant.

Trois alternatives qui complètent le tableau

Visale est gratuite, mais limitée à 3 ans désormais

Depuis le 6 janvier 2026, la garantie Visale d'Action Logement est plafonnée aux trois premières années du bail de location. Elle reste gratuite pour le bailleur comme pour le locataire, couvre les impayés de loyer, les dégradations locatives dans la limite de deux mois de loyer et les frais de procédure. Son champ d'éligibilité est centré sur les profils jeunes, précaires ou en mobilité professionnelle.

Pour les baux de location vide d'une durée initiale de trois ans, Visale couvre exactement la durée du premier contrat de bail. C'est une option sérieuse pour les profils que la GLI ne peut pas assurer.

Les cautions privées, un marché en expansion

Des organismes comme GarantMe ou Cautioneo proposent une caution solidaire institutionnelle payante. Le locataire souscrit lui-même la garantie qui fonctionne comme un garant personne morale. Le coût tourne autour de 3,5% à 5% du loyer annuel, à la charge du locataire.

Ces organismes permettent de couvrir des profils intermédiaires : 

          CDD courts.

          Indépendants en début d'activité.

          Profils atypiques que la GLI classique refuse.


Contrairement à la GLI, ce dispositif n'est pas souscrit par le bailleur, mais par le locataire, ce qui lève la contrainte de la loi Boutin. Rien dans la loi n'interdit au bailleur de cumuler une caution institutionnelle privée avec un garant personne physique, puisque le premier n'est pas une assurance loyers impayés au sens strict.

Quelle décision prendre selon votre profil ?

Aucun dispositif n'est mieux que l'autre. L'arbitrage dépend de trois paramètres.

1/ La GLI s'impose si vous avez plusieurs biens en gestion locative, si vous ne voulez pas gérer vous-même le recouvrement en cas d'impayé et si le profil du locataire est éligible. La prise en charge des dégradations et des frais de procédure représente une valeur réelle, surtout dans les zones où les procédures d'expulsion durent le plus longtemps.

2/ Le garant personne physique reste pertinent si le locataire présente un dossier solide, si le garant justifie de revenus stables et élevés et si vous louez un seul bien. C'est gratuit, immédiat, sans démarche d'assurance et sans risque de refus de dossier a posteriori. Le principal risque est la défaillance du garant sur le long terme.

3/ Visale est la solution de premier recours pour les jeunes profils ou en mobilité que vous souhaitez aider à accéder au logement, à condition d'anticiper la question du renouvellement avant le 36e mois.

Dans tous les cas, aucune de ces trois protections ne dispense d'un état des lieux d'entrée rigoureux, d'un contrat de bail conforme et d'une veille sur les premiers signes de fragilisation financière du locataire. La meilleure garantie reste un dossier bien constitué au départ.

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Publié le 09/04/2026 (dernière mise à jour: 05 mai 2026 15h 26min 04s)

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