Bailleur : les clauses indispensables à ajouter dans votre bail en 2026
Un contrat de bail mal rédigé expose le propriétaire. Clause résolutoire absente, révision de loyer non prévue, destination des lieux non précisée, une omission est une faille que le locataire ou son avocat est susceptible d'exploiter devant le juge des contentieux de la protection. La loi protège les deux parties, mais elle ne protège le bailleur que s'il a correctement structuré son contrat de location dès la signature.
En 2026, les décrets n° 2015-587 et 2015-588 du 29 mai 2015 définissent le contenu du contrat type applicable à un bail de location vide et un bail meublé de résidence principale. Ce cadre est contraignant, car certaines mentions sont obligatoires, d'autres sont facultatives, mais stratégiques et quelques clauses sont purement et simplement interdites.
La clause résolutoire : votre premier filet de sécurité
Sans clause résolutoire, mettre fin au bail de location pour impayé de loyer est beaucoup plus long et plus incertain. Cette clause, prévue par l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, permet d'acquérir de plein droit la résiliation du bail si le locataire ne règle pas sa dette dans les 6 semaines suivant un commandement de payer délivré par un commissaire de justice.
Sans elle, vous devez prouver la gravité de la faute devant le juge. Ce dernier dispose d'un pouvoir d'appréciation beaucoup plus étendu. Avec elle, la résiliation est automatique à l'expiration du délai, sous réserve que le juge ne l'ait pas suspendue.
La clause doit viser expressément le défaut de paiement du loyer ou des charges locatives, le défaut d'assurance habitation et le non-respect de l'obligation d'user paisiblement des lieux. Ces trois cas permettent de l'actionner dans les situations les plus fréquentes.
La clause de révision de loyer indexée sur l'IRL
Si votre bail de location ne contient pas de clause de révision, vous ne pouvez pas augmenter le loyer pendant toute la durée du contrat. La révision annuelle n'est pas automatique, elle doit être expressément prévue par une clause qui renvoie à l'indice de référence des loyers (IRL) publié tous les trimestres par l'INSEE.
La clause doit préciser le trimestre de référence utilisé pour le calcul, qui correspond en pratique au trimestre de l'IRL connu au moment de la signature. Une clause mal rédigée, par exemple sans trimestre de référence, est inopposable au locataire.
Pour les logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique, toute révision de loyer est gelée depuis le 24 août 2022, clause de révision ou non. La clause existe dans le bail, mais elle ne peut pas s'appliquer tant que le logement reste une passoire thermique.
La clause de solidarité en colocation
Dans un bail de colocation signé par plusieurs locataires, la clause de solidarité vous autorise à réclamer l'intégralité du loyer à n'importe lequel des colocataires en cas de défaillance d'un autre. Sans elle, vous ne pouvez vous retourner que contre le colocataire défaillant, ce qui fragilise considérablement votre recours si ce dernier est insolvable.
La clause de solidarité s'étend également au garant de tous les colocataires. Si l'un des garants est caution solidaire de tout le bail, il peut être appelé pour la totalité de la dette, pas seulement pour la part du colocataire qu'il garantissait initialement. Ce mécanisme doit être explicitement stipulé dans l'acte de cautionnement pour être opposable.
La clause d'assurance habitation
L'article 7 de la loi du 6 juillet 1989 impose au locataire de s'assurer contre les risques locatifs (incendie, dégâts des eaux, explosion). Par contre, la loi ne vous impose pas de le vérifier tous les ans, sauf si votre bail le prévoit explicitement.
Insérez une clause obligeant le locataire à vous remettre une attestation d'assurance habitation à chaque date anniversaire du contrat de bail. En cas de refus ou d'absence de remise, la clause doit préciser que vous pouvez souscrire une assurance pour son compte et en récupérer le montant auprès du locataire lors du prochain terme ou actionner la clause résolutoire. Sans cette précision, vous ne pouvez pas automatiquement résilier le bail pour défaut d'assurance.
La clause de destination des lieux
Votre logement doit être loué en tant que résidence principale du locataire, à l'exclusion de tout autre usage. Cette clause, souvent négligée, est pourtant votre seul levier pour agir si le locataire sous-loue son appartement sur une plateforme touristique ou l'utilise à des fins professionnelles non autorisées.
Elle doit mentionner explicitement l'interdiction d'une sous-location sans accord écrit du propriétaire bailleur, conformément à l'article 8 de la loi du 6 juillet 1989. Une sous-location non autorisée caractérise un manquement grave aux obligations du locataire et permet d'actionner la clause résolutoire. Sans cette mention dans le bail, la preuve du manquement est plus difficile à établir.
La clause sur les charges locatives et leur régularisation
Les charges locatives récupérables sont définies limitativement par le décret du 26 août 1987. Vous ne pouvez récupérer que la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, l'entretien des parties communes, l'eau froide et chaude, l'ascenseur...
Deux modes de calcul sont possibles selon le type de bail.
• Dans un bail de location vide, les charges sont versées sous forme de provisions mensuelles et doivent faire l'objet d'une régularisation annuelle sur justificatifs.
• Dans un bail meublé, elles peuvent être fixées en forfait de charges et ne seront pas régularisées, à condition que le montant soit raisonnable au regard des charges réelles.
Les provisions sont de plus en plus préférées pour le bail meublé un an. Le forfait s'adresse généralement aux étudiants ou locataires de chambres privatives.
La clause doit préciser le mode choisi, le montant mensuel des provisions ou du forfait et pour le bail vide, la date à laquelle la régularisation sera effectuée chaque année. L'absence de cette précision ne vous interdit pas de régulariser, mais expose à des contestations du locataire sur la méthode de calcul.
Les mentions obligatoires en zone d'encadrement des loyers
Si votre logement est situé dans l'une des 72 communes soumises à l'encadrement des loyers, le contrat de bail doit obligatoirement faire apparaître trois montants :
• Le loyer de base.
• Le loyer de référence.
• Le loyer de référence majoré correspondant à votre logement.
L'omission de l'un de ces trois montants ouvre au locataire le droit de vous mettre en demeure de régulariser dans un délai d'un mois. Si vous dépassez le loyer de référence majoré sans justifier d'un complément de loyer dans le bail, vous vous exposez à une amende administrative qui peut atteindre 5 000 € pour une personne physique.
Les clauses interdites
L'article 4 de la loi du 6 juillet 1989 liste les clauses réputées non écrites. Même si vous les insérez dans le bail, elles sont nulles de plein droit. Les plus fréquemment retrouvées dans des baux mal rédigés sont les suivantes :
• La clause qui fait supporter au locataire les réparations relevant de la vétusté normale du logement.
• La clause qui prévoit le paiement de frais de relance ou de pénalités en cas de retard de paiement du loyer.
• La clause qui oblige le locataire à souscrire une assurance habitation auprès d'un assureur désigné par le bailleur.
• La clause qui autorise le bailleur à résilier le bail sans recours au juge en dehors de la clause résolutoire légale.
Ces clauses ne rendent pas le bail nul dans son ensemble, mais leur présence peut être invoquée par le locataire pour contester l'ensemble de l'équilibre contractuel devant le juge des contentieux de la protection. Un bail rédigé à partir du contrat type officiel réduit significativement ce risque.
Besoin d'un contrat de location ? Démarrer la rédaction
LeBonBail met gratuitement à disposition un outil d’assistance à la rédaction de bail présentant et expliquant l’ensemble des options mises à sa disposition par la loi.



