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Assurance PNO : obligatoire ou pas ? Ce que le bailleur doit savoir en 2026

Publié le 19/08/2026 par Richard Coudraie (dernière mise à jour: 26 août 2026 14h 17min 22s)

Votre locataire est assuré, la copropriété aussi : à quoi bon souscrire une troisième assurance pour un logement que vous n'occupez pas ? C'est le raisonnement de nombreux bailleurs — et c'est précisément celui qui coûte cher le jour du sinistre. L'assurance propriétaire non occupant (PNO) couvre les angles morts laissés par l'assurance habitation du locataire et par le contrat de l'immeuble : vacance locative, vice de construction, défaut d'entretien, recours des voisins. Depuis la loi ALUR du 24 mars 2014, elle est même obligatoire pour tout copropriétaire non occupant, au minimum en responsabilité civile. Voici ce que dit la loi, ce que couvre réellement une PNO, ce qu'elle coûte, et comment le bailleur peut l'optimiser — y compris fiscalement.

Qu'est-ce que l'assurance PNO et qui est concerné ?

Définition : l'assurance du bailleur, pas celle du locataire

L'assurance propriétaire non occupant est un contrat multirisque souscrit par le propriétaire d'un bien qu'il n'habite pas, qu'il soit loué, vacant ou occupé à titre gratuit. Elle ne se confond ni avec l'assurance multirisque habitation (MRH) du locataire, qui couvre les risques locatifs (incendie, explosion, dégât des eaux dont il est responsable), ni avec l'assurance de la copropriété, qui couvre les parties communes et la responsabilité du syndicat des copropriétaires.

La PNO intervient là où ces deux contrats s'arrêtent : sinistre survenant pendant une période de vacance locative, dommage trouvant son origine dans un vice de construction ou un défaut d'entretien imputable au propriétaire, locataire non assuré ou insuffisamment couvert, ou encore responsabilité du bailleur recherchée par un voisin ou un tiers. Elle protège à la fois le bâti, la responsabilité civile du propriétaire et, selon les formules, le mobilier laissé dans un logement loué meublé.

Tous les bailleurs sont-ils concernés ?

Tout propriétaire d'un bien mis en location est concerné par la question, mais la situation juridique varie. Le copropriétaire bailleur est soumis à une obligation légale (voir ci-dessous). Le propriétaire d'une maison individuelle louée n'a pas d'obligation légale de s'assurer, mais il supporte seul, sur son patrimoine personnel, toutes les conséquences d'un sinistre engageant sa responsabilité — un incendie d'origine électrique qui se propage chez le voisin peut représenter des centaines de milliers d'euros.

Le cas du logement vacant entre deux locataires est le plus sous-estimé : dès que le locataire rend les clés, son assurance cesse de couvrir le bien. Sans PNO, un dégât des eaux survenant pendant trois semaines de vacance est intégralement à la charge du propriétaire, y compris les dommages causés aux logements voisins.

Que dit la loi : l'obligation issue de la loi ALUR

L'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965

La loi ALUR n° 2014-366 du 24 mars 2014 a introduit un article 9-1 dans la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 sur la copropriété : « Chaque copropriétaire est tenu de s'assurer contre les risques de responsabilité civile dont il doit répondre en sa qualité soit de copropriétaire occupant, soit de copropriétaire non-occupant. » L'obligation légale porte donc sur la seule responsabilité civile, pas sur la couverture des dommages au bien lui-même.

Concrètement : si vous louez un appartement en copropriété, vous devez au minimum être assuré en RC de copropriétaire non occupant. En pratique, les assureurs ne commercialisent pas de RC « sèche » : la garantie est incluse dans les contrats PNO multirisques, dont le coût reste modique. À noter qu'aucune sanction spécifique n'est prévue par le texte, mais le règlement de copropriété peut exiger une attestation, et surtout le défaut d'assurance expose le bailleur à répondre sur ses deniers personnels de tout sinistre.

PNO du bailleur, MRH du locataire : deux obligations distinctes

La PNO du bailleur ne dispense en rien le locataire de sa propre obligation : l'article 7 g) de la loi du 6 juillet 1989 impose au locataire de s'assurer contre les risques locatifs et d'en justifier chaque année. En cas de carence, le bailleur peut souscrire une assurance pour le compte du locataire et en répercuter la prime sur les quittances, ou invoquer la clause résolutoire — nous détaillons cette procédure dans notre article sur le locataire non assuré.

Les deux contrats sont complémentaires et non redondants : en cas de dégât des eaux, l'assureur du locataire indemnise les dommages relevant de sa responsabilité, celui de la copropriété les parties communes, et la PNO prend le relais pour ce qui incombe au propriétaire (vétusté des canalisations privatives, par exemple). Les conventions inter-assureurs (IRSI) organisent ensuite les recours entre compagnies — encore faut-il avoir un assureur dans la boucle.

Garanties, exclusions et coût d'une PNO en 2026

Les garanties essentielles à vérifier

Un bon contrat PNO comprend : la responsabilité civile du propriétaire (obligatoire en copropriété), les dommages au bien (incendie, dégât des eaux, tempête, catastrophes naturelles, vandalisme), le recours des voisins et des tiers, la garantie du bien en cas de vacance sans limitation de durée trop courte, la protection juridique liée au bien, et selon les cas le mobilier (indispensable en location meublée) ainsi que la perte de loyers consécutive à un sinistre garanti.

Les points de vigilance à la lecture du contrat : la durée maximale de vacance couverte (certains contrats limitent à 60 ou 90 jours), les franchises, les plafonds de la garantie recours, l'exclusion des logements dégradés ou non conformes, et l'articulation avec une éventuelle garantie loyers impayés. La GLI est un produit distinct qui couvre le risque d'impayé, pas les dommages au bien — voir notre comparatif GLI ou caution.

Combien ça coûte, et un exemple concret

La PNO est l'une des assurances les moins chères du marché : comptez généralement 60 à 200 € par an pour un appartement standard, selon la surface, la localisation, le niveau de garanties et la présence de mobilier. Pour un studio loué vide, les formules d'entrée de gamme se trouvent autour de 60-90 € par an ; pour une maison ou un grand appartement meublé, la prime peut atteindre 150-250 €.

Exemple chiffré : un T2 loué 650 € par mois se libère le 31 mars ; le nouveau locataire entre le 15 mai. Le 20 avril, une canalisation cède et endommage le parquet et le plafond du voisin du dessous : 7 800 € de réparations. Sans PNO, tout est à la charge du bailleur. Avec une PNO à 110 € par an et 150 € de franchise, le reste à charge se limite à la franchise. La prime annuelle représente ici moins de 2 % d'un loyer mensuel : c'est le rapport coût/risque le plus favorable de toute la panoplie du bailleur.

Une prime déductible des revenus fonciers

Atout supplémentaire : la prime PNO est une charge déductible des revenus fonciers au régime réel (article 31 du Code général des impôts, primes d'assurance déductibles pour leur montant réel). En location meublée au réel (LMNP), elle constitue de même une charge d'exploitation déductible. Au micro-foncier ou au micro-BIC, elle est réputée couverte par l'abattement forfaitaire. Pour un bailleur imposé à 30 % + 17,2 % de prélèvements sociaux, une prime de 120 € ne coûte réellement que 63 € après économie d'impôt.

Bien choisir et gérer sa PNO : la méthode

Adapter le contrat à la situation du bien

Le contrat doit coller à l'usage réel du bien : location vide de longue durée, meublé, colocation, location saisonnière ou bien en travaux n'exposent pas aux mêmes risques. Déclarez précisément le mode de location — une PNO souscrite pour une location vide peut refuser sa garantie si le bien était en réalité exploité en meublé de tourisme. De même, signalez toute période de travaux importants : certains contrats excluent les dommages survenus pendant des chantiers non déclarés.

Pensez à réexaminer le contrat à chaque changement de situation : passage du vide au meublé, mise en colocation, vacance prolongée. Et conservez l'attestation annuelle : elle peut être exigée par le syndic et sera demandée par tout assureur adverse en cas de recours.

Les erreurs fréquentes des bailleurs

Première erreur : croire que l'assurance du locataire suffit. Elle ne couvre ni la vacance, ni les vices du bâti, ni la responsabilité propre du bailleur. Deuxième erreur : doublonner les garanties sans les articuler — une PNO, une GLI et une protection juridique séparées peuvent couvrir trois fois le même risque ou laisser des trous ; faites un tableau des garanties avant de souscrire. Troisième erreur : laisser le bien sans assurance entre deux locataires pour économiser quelques euros, alors que c'est précisément la période la plus risquée.

Dernière négligence courante : oublier de déduire la prime au régime réel, ou à l'inverse tenter de la déduire au micro-foncier. Un point de fiscalité à caler une fois pour toutes avec votre déclaration 2044 — notre guide sur la déclaration des revenus fonciers détaille les lignes concernées.

Ce qu'il faut retenir

L'assurance PNO est légalement obligatoire, au titre de la responsabilité civile, pour tout copropriétaire bailleur depuis la loi ALUR de 2014 (article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965). Pour les autres bailleurs, elle reste juridiquement facultative mais économiquement indispensable : elle est la seule à couvrir la vacance locative, les vices du bâti et la responsabilité propre du propriétaire.

Pour 60 à 200 € par an — déductibles au régime réel — elle protège un patrimoine de plusieurs centaines de milliers d'euros contre des sinistres qui peuvent, sans elle, engloutir des années de loyers. Le bon réflexe : vérifier les garanties de vacance, déclarer fidèlement le mode de location, et articuler la PNO avec l'assurance du locataire et une éventuelle GLI.

En cas de doute sur l'étendue exacte des garanties nécessaires à votre situation, un courtier ou votre assureur pourra réaliser un audit rapide — et n'hésitez pas à mettre plusieurs contrats en concurrence : à garanties égales, les écarts de prime atteignent couramment 40 %.

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Publié le 19/08/2026 (dernière mise à jour: 26 août 2026 14h 17min 22s)

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